Le temps de la Révolution
Son HistoireSources : Daniel Chavaroche
Pour se faire une idée de ce que pouvait représenter la révolution à La Chapelle Aubareil, il faut comprendre l'effervescence qui régnait dans les campagnes. Ainsi, d'après Escande ("l'histoire de Sarlat"), suite à une tentative d'insurrection contre le seigneur de Bar du château de la Faurie, paroisse de Paulin, trois paysans furent emprisonnés à sarlat. "L' irritation grandit dans les campagnes où, pendant quinze jours, le projet mûrit d'aller déliver les prisonniers. Dans la nuit du 14 au 15 janvier 1790, le tocsin sonna aux clochers de Paulin, Salignac, Archignac, La Chapelle Aubareil ... Et cinq mille personnes se rassemblèrent à Salignac..." Le rassemblement arrêta le neveu du seigneur de Bar et deux mille paysans poussant leur prisonnier devant eux se dirigèrent vers Sarlat. Ils entrèrent à la prison, se firent rendre les trois paysans prisonniers et repartirent en les portant en triomphe. Ce succès dut encourager les révoltés et l'agitation gagna La chapelle Aubareil. Bussière dans "Etudes historiques sur la Révolution en Périgord", raconte qu'en 1790 La Chapelle était une seigneurie de messire Jean de Lasserre dont l'habitation était tout proche de la Boyssonie. Jean de Lasserre avait deux frères : François de Lasserre habitant au château de Molière, et autre François de Lasserre habitant à Lassagne paroisse de Valojoulx. Le 24 janvier 1790, les paysans se sont regroupés à la chapelle, devant l'église pour planter le mai, arbre de la Liberté, symbole d'affranchissement, d'égalité. Bussière : "Ces plantations de mais, comme la forêt qui marche faisaient leur descente du nord au midi, par les vallées de la Dordogne, de la Corrèze, de la Vézère, se répandaient sur les rives, gagnaient peu à peu les côteaux, proclamaient à tous les vents la déchéance de la féodalité. La Chapelle Aubareil fut conquise sans difficultés..." En effet, le châtelain ne vit pas d'inconvénients à ce que les révoltés lui enlèvent une girouette, il leur dit même de les prendre toutes s'ils le voulaient, paya du vin et à manger à l'auberge et se joignit au rassemblement... Il faut rappeler que seuls, les châteaux portaient sur leurs toits des girouettes et que cet instrument était devenu le symbole de la domination féodale. Les abattre signifiait abolir cette domination. Bussière dans " Etudes historiques sur la Révolution en Périgord" dit que le paysan des rives de la Dordogne et de la Vézère a été de ceux qui ce sont opposés le plus durement à la féodalité. Je cite : "Là, de tous temps, on distingue une race prompte, énergique, " aux passions démesurées", dont le caractère contraste avec celui des Périgourdins de Périgueux. Comme ces croquants du temps de Louis XIII, si puissament organisés, levant la dîme et la taille en blé et en argent et notifiant leurs commandements au nom de "la Commune du Périgord", et leurs arrière-neveux de la fin de Louis XIV soulevés contre la taxe royale des baptèmes, pillant les bureaux de contrôle"... "Le Sarladais était le pays féodal par excellence, pays de chaumières et de châteaux. Les châteaux y foisonnaient commme la noblesse"... Les hautes et basses justices, les fiefs directs et les fiefs secondaires dressaient leurs logis le long de la Dordogne et ses affluents, envahissaient les plateaux, montraient leurs girouettes jusque dans les bois, au bord des gorges sauvages, jusque dans cette forêt Barade où la révolte a toujours eu son levain."